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Ouvrir le tout-petit à la présence de Dieu

Comment éveiller les tout-petits à la présence de Dieu ? Comment les faire entrer peu à peu dans cette relation personnelle ? Cette question se pose à tous les parents qui désirent éveiller leurs enfants à la Foi. Nous avons rencontré des éducateurs, des pères et mères de famille. Ils nous font part de leur expérience.

Sabine Bidault et Florence Brière-Loth

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03/01/2004 - n°1355

Son petit derrière rembourré tourné vers le plafond, Pierre, 3 ans, se prosterne pour la prière. Un coup d’œil à droite vers ses grands frères, à gauche vers sa sœur, l’assure qu’il a adopté la position ad hoc. Il ferme les yeux avec énergie, et commence à dérouler son chapelet d’intentions comme viennent de le faire ses aînés : "Ze confie ma marraine Martine, ze confie le chien de Madame Lesay, ze confie Mamette". Fier de son intervention, il se redresse et guette l’approbation parentale, qui ne tarde jamais. "Pour rien au monde, Pierre n’accepterait qu’on lui saute son tour, raconte Inès, sa mère. Tous les soirs, il dit la même chose. Il aime ce moment, il le réclame si nous l’oublions. Qu’est-ce qu’il signifie pour lui ? Je n’en sais rien, mais il aura été mis en contact avec Dieu dès sa petite enfance, et il aura appris à Lui parler. Il nous semble que c’est notre rôle de parents que de lui offrir ces moments."

Cette conviction n’est pas partagée par tous. "J’anime un groupe d’éveil à la Foi pour petites sections de maternelle, témoigne Marie-Christine. Pour la très grande majorité, le spirituel leur est inconnu. L’ouverture des enfants à cette dimension est radicalement différente lorsqu’ils y ont été sensibilisés par leurs parents." Sœur Marie-Albert, Petite Sœur des Maternités catholiques, s’étonne : "De futurs parents s’attachent à faire écouter du Mozart in utero à leur enfant pour développer leur équilibre, mais sont incrédules quant à l’influence d’un climat de prière sur leur petit être en formation". On a entendu, chez certains, cette déclaration apparemment respectueuse : "Nous parlerons à Jérémie de Jésus quand il sera grand ; ainsi, il pourra choisir librement".

Tous, psychologues, éducateurs, sont pourtant unanimes : l’enfant jusqu’à 2-3 ans est particulièrement réceptif. "Les deux premières années comptent pour vingt ans de vie totale", affirmait le Père Maurice Zundel. La pédiatre Maria Montessori appelle cette étape l’"âge absorbant". Pourquoi développer toutes les dimensions de l’enfant et lui refuser d’emblée la dimension spirituelle ? C’est ce qu’explique Rose-Marie de Casabianca, catéchiste, dans L’enfant capable de Dieu (1). Elle affirme que la personnalité s’ébauche avant la naissance, qu’elle est déjà formée pour une grande part à 3 ans dans les domaines affectif, mental, social, mais aussi spirituel.

Pendant la grossesse, l’enfant reçoit tout de sa maman. Un climat de louange, de joie, de confiance, est le meilleur terreau pour son épanouissement. Dieu l’a déjà adopté, le psalmiste nous le dit : "Dès le sein de ta mère, je t’ai aimé". Jérémie prophétise : "Avant de te former au ventre maternel, je t’ai connu ; avant même que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré" (Jr 1, 4-5).

"Ménageons-nous des temps de repos, de réflexion ", conseille Madeleine, collaboratrice à Transmettre (2). Non seulement pour attendre cet enfant dans le calme, mais aussi pour préparer sa place, pour qu’il se sente accueilli ; pour savourer ce qui s’opère en soi. Patricia, mère de trois enfants, invoque souvent l’ange gardien de son bébé à naître.

Bernadette Lemoine, dans Maman, ne me quitte pas, (éd. Saint-Paul), attire l’attention sur l’efficacité des sacrements : l’enfant reçoit les fruits de l’Eucharistie, de la Réconciliation. Une maman en état de grâce, et donc en paix, est mieux disposée à l’accueil et à l’amour de son enfant. Paul Claudel associe Dieu à sa découverte de la paternité : "Mon Dieu, qui au principe de tout et de Vous-même avez mis la paternité, soyez béni parce que Vous m’avez donné cet enfant, et posé avec moi de quoi Vous rendre cette vie que Vous m’avez donnée. Et voici que je suis père avec Vous..."

Au moment de la naissance, il est nécessaire de préserver un climat paisible pour prendre la mesure de l’événement. "Tournons les yeux vers Bethléem, conseille Madeleine, regardons la discrétion, la pauvreté, l’intimité de la naissance de Jésus, à l’écart de la ville. Et protégeons l’intimité de notre couple pour accueillir notre enfant, en évitant de nous laisser envahir de visites. Lui aussi a besoin de goûter son premier contact avec ce monde dans la paix." Les toutes premières expressions de l’amour, de la relation à l’autre, s’imprimeront d’autant plus fortement dans sa mémoire corporelle, affective, spirituelle, qu’elles seront vécues dans la sérénité et dans la prière.

Créer chez l’enfant des "réflexes" qui portent vers Dieu

Avec la naissance se pose la question du baptême. A ceux qui hésitent à le demander pour leur bébé, arguant qu’il ne comprend pas ce qui lui arrive, Rose-Marie de Casabianca affirme : "Le don de Dieu ne se mesure pas à la capacité qu’a chaque être de se montrer conscient et de répondre ; la mesure de Dieu est infiniment supérieure à la mesure de l’homme".

Pour Thomas et Béatrice, tous deux parents de cinq enfants, les choses sont simples : "Nous croyons en la grâce et nous faisons tout pour que nos enfants puissent la recevoir le plus tôt possible. Nous les faisons baptiser dans le mois qui suit leur naissance. Pour nous, le choix du parrain et de la marraine est déterminant pour leur croissance spirituelle. Par la prière et l’exemple dont ils l’entoureront, s’ils conçoivent bien leur rôle, ils sont aussi des éducateurs spirituels".

Dieu veut se communiquer à tous, notamment aux enfants : "Laissez venir à moi les petits enfants, ne les écartez pas" (Lc 18, 14). Comment y parvenir ? Noëlle Le Duc, de l’Institut Notre-Dame-de-Vie, auteur d’ouvrages d’éveil spirituel, affirme qu’il faut profiter de cet âge, de son innocence, "pour créer chez l’enfant des réflexes qui le porteront vers Dieu, comme naturellement, plus tard". Comme il interrompt tout à coup ses jeux pour aller vers son père ou sa mère pour un câlin, l’enfant peut apprendre à s’arrêter quelques instants pour un contact direct avec Dieu, avant de reprendre ses activités, sûr que Dieu veille.

L’écrivain Julien Green, d’une famille très croyante, a pu faire une expérience de la présence de Dieu, à 5 ans : "Je garde le souvenir d’une minute de ravissement tel que je n’en ai jamais connu depuis...

Je savais qu’Il était là et que, me voyant, Il m’aimait aussi. Comment cette pensée se fit-elle dans mon cerveau ? Je n’en sais rien. J’étais sûr que Quelqu’un était là et me parlait sans parole" (3).

Votre enfant s’agite ? Ne faites pas de la prière une épreuve de force

Aux parents de repérer quelle prière convient à chacun. "Le caractère unique de chaque personnalité est source d’émerveillement, et aussi de difficultés puisqu’il s’agit de comprendre les dons de chacun pour s’appuyer sur eux en une adaptation sans cesse renouvelée", écrit Rose-Marie de Casabianca. "Chez nous, raconte Patricia, nous avons des mystiques et puis des actifs peu propices à la méditation. Il a fallu nous adapter. Avec mes deux aînés, nous pouvons entrer dans une prière vraiment intérieure ; avec notre fille, c’était impossible. Elle ne pensait qu’à souffler la bougie ! Il lui faut une prière courte et concrète."

Pour que les petits apprennent à aimer Dieu, il est nécessaire qu’ils Le connaissent. "Nous donnerons la vérité toute simple, écrit le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, fondateur de l’Institut Notre-Dame-de-Vie. Il ne s’agit pas d’abord d’instruire l’intelligence de ce petit, il s’agit surtout de donner un aliment à sa Foi. Cette vérité divine, donnez-la à l’enfant comme elle est."

Parler de Dieu aux petits, de sa bonté, de sa Création, est déjà une manière de les enseigner. "Cela se fait au quotidien, continue Patricia. On parle d’une amie malade et on la confie à Dieu, on évoque la mort d’un proche et on prie pour que le Seigneur le prenne dans son paradis, on remercie Jésus pour telle joie familiale. Autant de choses que les enfants entendent et qui deviennent ensuite pour eux l’occasion de se tourner spontanément vers Dieu."

La patience est essentielle. "Nous veillons à ne pas braquer les enfants en faisant de la prière une épreuve de force, conseille Nadine, dont les trois fils s’agitent volontiers. Parfois, il faut sacrifier un peu de recueillement et rendre grâce pour leur vitalité !" La patience demande de savoir attendre des années avant de voir le fruit de ce que l’on sème. Ne vous découragez pas si votre enfant gesticule en tous sens ou anime la prière en vous mitraillant de son pistolet en plastique : rester paisible est la meilleure façon qu’il finisse par vous imiter.

Si nous voulons transmettre l’amour de la Parole et de la prière, la condition première est d’en vivre nous-mêmes. Tout se transmet par imitation chez le tout-petit. Sommes-nous heureux d’être à la messe ? "Si nous reprenons nos enfants qui se tiennent mal à l’église, que ce soit toujours dans cette disposition d’esprit, jamais durement ou par la contrainte", continue Nadine. L’enfant ne s’y trompe pas. Si ce temps n’est pour lui qu’une série de "Tais-toi" et "Ne bouge pas", comment y prendra-t-il goût ? (Voir encadré "Les tout-petits à la messe") "On dit facilement qu’un enfant est intenable, explique Nadine, alors qu’il est le plus souvent seulement fatigué, ou affamé."

Ce sont la douceur, la joie, et la tendresse qui créent le climat propice à rencontrer l’amour de Dieu. L’enfant réagit de façon toute particulière à l’amour conjugal. L’unité entre père et mère est un facteur très influent.

Une chose est sûre : dans l’éducation, les parents ont obligation de moyens, pas de résultats ; la rencontre avec Dieu ne peut être forcée. "Ne nous culpabilisons pas d’être loin du compte, de ne pas savoir comment faire, de n’avoir rien à transmettre, conseille Madeleine. Une maman qui décide de lire l’Evangile un quart d’heure par jour transmettra ce désir à son enfant." Marie-Christine ajoute : "Tout le monde est apte à cette transmission ! C’est comme lorsque l’enfant est malade, ce sont les parents les mieux placés pour l’entourer de leurs soins".

Rose-Marie de Casabianca incite à calquer la progression de l’éveil spirituel sur les étapes du développement psychomoteur. Le premier sens qui s’éveille chez l’enfant est l’ouïe. Noëlle Le Duc invite à contempler Marie, qui devait bercer Jésus comme toute femme juive, au rythme des Psaumes. "La mémoire auditive des tout-petits est stupéfiante, assure-t-elle. Les mélodies de la petite enfance reviennent souvent aux moments graves de la vie." Lectures et his-toires bibliques, vies de saints, deviennent vite un aliment nourrissant.

Indissociable de l’ouïe, est l’éducation au silence. Maria Montessori développe une "leçon de silence", source d’émerveillement et de paix, où l’enfant, dès 2 ans, fait abstraction de l’extérieur pour "regarder au-dedans de lui-même". Elle indique que l’enfant peut apprendre, peu à peu, à "commander à son corps" de ne pas bouger.

Hélène Lubienska de Lenval (4) parle d’une grande "faculté contemplative" chez l’enfant de cet âge, "qui disparaît à mesure que la pensée discursive remplace la pensée intuitive". "L’éducation religieuse, écrit-elle, qui n’a pas d’autre but que de faciliter la rencontre de l’âme avec Dieu, se présente comme un acheminement vers le silence." Etre silencieux soi-même, ne pas crier, laisser l’enfant balbutier, sans le bousculer, tout cela fait partie de l’éducation au silence, et donc de l’intériorité.

C’est ensuite par la vue que l’enfant découvre le monde. Ouvrir ses yeux aux beautés qui l’entourent le conduira à ouvrir son cœur et à rendre grâce au Créateur. "Nous soignons particulièrement la décoration de notre oratoire familial, déclare Thomas. Des fleurs, une tendre statue de la Vierge à l’Enfant, un bel éclairage à la bougie, toute cette harmonie aide les enfants à entrer dans une prière émerveillée."

Le danger du "par cœur" sans éveil à l’esprit de prière

Quand l’enfant est petit, tout ce qu’il ressent passe par les gestes : battre des mains, incliner la tête, s’agenouiller, c’est son mode d’expression instinctif, bien avant la parole. Maria Montessori disait : "L’enfant comprend en bougeant". Le Père Scheffer développe, dans La Parole, notre amie, une "gestuation" de la Parole de Dieu, inspirée des travaux de Marcel Jousse.

Dès 1 an, l’enfant observe l’adulte qui "gestue" devant lui un passage de la Parole ; dès 2 ans il commence à l’imiter. Comme l’explique Armelle de la Tribouille (5), Jésus, dans l’Evangile, accompagne toute réalité spirituelle par un geste, un signe : Il embrasse les enfants, les bénit, leur impose les mains ; Il met de la boue sur les yeux, demande à boire. Les parents peuvent en user à leur tour, les petits en perçoivent le caractère priant : bénédiction sur le front au moment de dormir, imposition des mains par le papa qui part au travail et demande à Jésus de protéger son enfant, lent signe de Croix chanté pour commencer la prière, cierge du baptême rallumé chaque jour, baiser de paix au cours de la prière, pour se réconcilier, icône embrassée... L’essentiel réside dans la vérité, la profondeur de cette courte prière. Ne rien imposer de façon formelle, conseille Monique Berger (6) : "L’acte extérieur, le geste, est destiné à exprimer, ou susciter, une attitude d’âme, intérieure, sans laquelle la tenue extérieure ne serait rien".

Pour l’enfant, la dimension rituelle est importante ; elle sécurise. "Chez nous, raconte Nadine, les plus petits réclament le bénédicité. Cela fait partie du rituel, tout comme la bénédiction du soir : je ne peux pas la manquer." L’année liturgique est riche de repères qui parlent aux petits : Noël en est sans doute le plus éloquent avec la crèche, les santons ou moutons qui s’approchent, et enfin les Rois mages.

Le rituel par excellence pour disposer le tout-petit à une relation à Dieu demeure la prière familiale. Le lieu n’est pas indifférent. "Nous avons remarqué que les enfants aiment dire la prière devant l’oratoire, remarquent Thomas et Béatrice, ils sentent que c’est un endroit "pas comme les autres". C’est un repère important pour se mettre en présence de Dieu." Les premiers mots balbutiés (Jésus, Marie, Merci, Alléluia, Je t’aime...), se rempliront peu à peu de sens. "Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants, et de ceux qui sont à la mamelle", dit le Psaume (VIII, 3).

Quelques minutes intenses valent mieux que longueur et délayage. "Un refrain, quelques phrases suffisent, qui amorcent le début d’un dialogue d’amour avec Dieu", recommande Noëlle Le Duc, qui met en garde contre le danger du "par cœur" sans éveil à "l’esprit de prière". Préférez une seule phrase du Je vous salue Marie, reformulée pour l’intérioriser, plutôt que la prière entière récitée pour arriver au bout... "Le soir où l’enfant est fatigué, conseille Marie-Christine, n’insistez pas, pour éviter l’overdose et le rejet. Un beau signe de Croix peut suffire." Elle recommande la variété pour éviter la monotonie : ne pas confondre le rite, répétitif, avec le contenu de la prière, créatif.

Pour l’éveil spirituel, l’éducation morale est essentielle. Intégrer les notions "c’est bien", "c’est mal" dans les actions quotidiennes aide l’enfant à former sa conscience. Il est important qu’il acquière la certitude que Jésus nous aime malgré nos fautes (voir encadré "Comment parler de Dieu", p. 16). L’enfant admet très bien de dire "pardon" quand il a mal agi, surtout si ses parents lui donnent l’exemple. "Je suis toujours émerveillée de la réaction de mes enfants quand je leur demande pardon après une colère ou une injustice, avoue Béatrice : ils se jettent dans mes bras avec une indulgence qui me touche."

Apprendre à un enfant à dire la vérité présuppose de bannir le mensonge. "Je veille à ne pas dire "il n’y a plus de gâteaux" s’il en reste, illustre Madeleine, mais "tu en as déjà eu deux, ça suffit"."

Enfin, l’amour et l’attention aux autres sont la meilleure façon de transmettre le sens du don. Une pièce donnée avec amour à un clochard, l’aide apportée à des personnes handicapées, peuvent marquer un enfant à vie. Le Père Vincent, missionnaire, raconte : "Aussi loin que remontent mes souvenirs, je revois Blandine, petite fille gravement handicapée, que Maman accueillait le dimanche pour aider ses parents. La tendresse, au-delà des mots, que suscitait sa simple présence, ont certainement été le point de départ de ma vocation, perçue à l’âge de 6 ans".

L’enfant capable de Dieu, par Rose-Marie de Casabianca, Fayard (épuisé).

Revue Transmettre, 26, rue Roublot, 94120 Fontenay-sous-Bois (www. transmettre.fr).

Cité par le Père Caffarel dans Dieu, ce nom le plus trahi, éd. du Feu nouveau, Paris.

(Le silence à l’ombre de la Parole, par Hélène Lubienska de Lenval, Casterman-Maredsous.

L’éducation à la lumière de la Révélation, par Armelle de la Tribouille, Mame-Cerf.

Sur les genoux des parents, la prière des tout-petits, par Monique Berger, asso-ciation Transmettre.

Comment parler de Dieu

« Dans les deux ou trois premières années, on peut utiliser des formules enfantines. Mais qu’elles ne soient pas infantiles », conseille Monique Berger.

• "Le Petit Jésus" : à réserver pour la crèche et la période de Noël. Ce n’est pas le "petit Jésus" qui est sur la Croix, qui ressuscite. On dira "Jésus", "Notre Seigneur", ou "Le Seigneur Jésus".

- Ne pas limiter Jésus à sa dimension humaine : Jésus est Dieu, "Mon Seigneur et mon Dieu".

• Employer les mots justes : "tabernacle", et non "petite boîte". Parlons de Jésus-Hostie, et non de Jésus caché dans l’hostie ("caché" exprime bien d’autres choses pour l’enfant). "L’hostie, c’est Jésus, adorons-Le !"

- Mieux vaut "Dieu a créé" que "Dieu a fait". Il est le Créateur.

• Où habite Jésus ? Ne pas limiter la "maison de Jésus" à l’église de pierre, car Il habite aussi notre cœur. Ne pas trop dire "on va voir Jésus" mais plutôt "on va prier Jésus", "on se prépare à accueillir Jésus", car bien des enfants peuvent être déçus de ne pas Le "voir".

• Devant le Saint-Sacrement : "Jésus est là, Il me voit, Il m’aime" ; "Jésus, Tu m’aimes et je T’aime". Prier n’est pas forcément parler : qui sait quelle rencontre s’opère dans le cœur de l’enfant en silence ?

Il comprend qu’il est aimé bien avant les mots. Une visite n’est pas une épreuve : de trois à cinq minutes suffisent.

• Eviter les phrases culpabilisantes du genre "Jésus n’est pas content". Mieux vaut "Jésus te pardonne, Il va t’aider à ne pas recommencer". Il y a une grande différence entre "tu as fait une bêtise" et "tu es méchant", ou pire : "Je ne t’aime plus".

Le tout-petit à la messe

Amener à la messe un enfant de 1 ou 2 ans est une opération redoutable. "A la messe, mon bébé me gêne, je ne l’emmène pas", explique une maman à son curé. "Mais la messe, ce n’est pas pour vous qu’il faut y venir !, répond le prêtre. C’est pour Jésus, qui a dit "laissez venir à moi les petits enfants", et pour faire grandir la vie de l’Eglise."

Il faut donc persévérer, même si les enfants font du bruit ou ne tiennent pas en place. Pour cela, plusieurs conseils :

• Trouver l’endroit propice dans l’église : bonne visibilité et "terrain d’action" limité (sur un côté de l’autel bordé par le mur et le bout du banc).

• "Que les parents se sentent libres d’aller marcher avec l’enfant au fond de l’église, conseille Marie-Christine.

Nous emmenons facilement l’enfant le plus turbulent seul avec Papa ou Maman, séparément du reste de la famille."

• Développer tout ce qui est concret : tremper leur main dans le bénitier ; apprendre à faire une génuflexion (au début, ils s’accroupissent !) ; regarder les images d’un livre comme les récits bibliques illustrés ; se donner les mains pendant le Notre Père. Rien de choquant à allaiter, à donner un biberon au bébé, ou un boudoir, pour qu’il "tienne" jusqu’au déjeuner.

• N’exiger (avec douceur) l’attention (silence et immobilité) que pendant la consécration, qu’ils sentent que c’est le sommet de la messe, en essayant d’être soi-même très recueilli. Le reste du temps, les laisser vaquer, en prévoyant assez de jouets (silencieux !) et un doudou pour les temps de câlins. Profitons-en pour exprimer à notre enfant notre tendresse, en le cajolant sur nos genoux. Qu’il associe la messe à un moment d’amour.

Mais si ce temps se transforme en épreuve de force, autant le mettre à la garderie, ou le garder à la maison en allant à tour de rôle à des messes différentes. On peut alors l’emmener à une messe de semaine, beaucoup plus courte et souvent bien plus recueillie.

Une préparation spirituelle à la naissance

Le témoignage de Sr Marie-Albert, Petite Sœur des Maternités catholiques.

"Bien des parents ont du mal à réaliser qu’il existe une relation personnelle de l’enfant à naître avec eux, et encore plus avec Dieu. Notre "préparation spirituelle à la naissance" essaie d’éveiller les parents à cette relation. Attendre un enfant, c’est l’accueillir, en le recevant de Dieu tel qu’il nous est confié, avec tout l’émerveillement que nous donne la conscience de devenir en quelque sorte co-créateurs de ce petit être. Se préparer spirituellement à la nais-sance, c’est aussi entrer dans une démarche de confiance et d’abandon.

Vient ensuite le temps de célébrer la naissance elle-même. Dans nos maternités, trois coups de cloche sont sonnés à chaque naissance pour inviter la communauté à offrir ce nouveau-né au Seigneur.

Une "prière d’offrande du nouveau-né" est affichée dans les salles de naissance. Certains parents la lisent entre eux, dès la naissance. D’autres viennent présenter le nourrisson au Seigneur aux vêpres, et disent cette prière avec la communauté."

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Agenda

Dimanche 19 novembre 09:00-17:00 Journée couples : Deux ans ... déjà ! - au Châtelard (69)

Mardi 21 novembre 14:30-16:30 Café des grands-parents -

Mardi 21 novembre 20:30-22:30 Manifester le sens et la grâce du sacrement de mariage - Soirée de formation pour les préparateurs au mariage

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